Power Automate
Relance automatique de facture impayée avec Power Automate
Fin de mois. Vous ouvrez le tableau des factures clients, vous voyez les échéances dépassées, et vous vous posez la question habituelle : je relance qui, et sur quel ton ? Vous le faites un vendredi sur deux, quand vous avez le temps. Résultat, certaines factures traînent six semaines avant le premier rappel.
Relancer tard, c'est prêter de l'argent gratuitement. Relancer mal, c'est agacer un bon client pour un oubli. Un flux Power Automate peut relancer à votre place, avec vos règles et votre ton, et vous laisser les cas qui demandent vraiment un coup de fil.
L'échéancier, base de toute relance de facture impayée automatique
Le flux a besoin d'une seule chose : une liste fiable des factures, avec le numéro, le client, le contact de facturation, le montant, la date d'échéance, le statut, la date de paiement et le lien vers le PDF. Cette liste vient de votre logiciel de facturation, par connecteur ou par export quotidien, ou vit dans une liste SharePoint si vous facturez depuis Word ou Excel.
Chaque matin, un déclencheur planifié lance le flux. Il calcule le retard de chaque facture non payée, regarde l'étape de relance déjà atteinte, et décide s'il envoie quelque chose aujourd'hui. Le point vital : les paiements doivent être à jour avant l'exécution. Programmez le flux après l'import bancaire, jamais avant.
Une séquence de relances au ton progressif
- J+3 : le rappel courtois. "Peut-être un oubli de notre côté ou du vôtre", facture en pièce jointe, coordonnées bancaires, aucune menace.
- J+10 : le rappel ferme. On rappelle les conditions de règlement, on demande une date de paiement, on propose de rappeler en cas de désaccord sur la facture.
- J+20 : le dernier rappel avant mise en demeure. Copie au dirigeant, mention des pénalités de retard prévues dans vos conditions générales, délai de réponse précis.
Après la troisième étape, le flux s'arrête d'envoyer des mails et crée une tâche pour un humain : un appel téléphonique. À ce stade, un mail de plus n'apporte rien, une voix si. Chaque modèle de mail vit dans une liste "Modèles" avec ses variables (nom, numéro, montant, échéance). Vous changez le texte sans toucher au flux.
Les exclusions qui évitent l'erreur qui coûte un client
Un flux qui relance tout le monde de la même façon fera une bêtise dès la première semaine. Prévoyez un champ "Ne pas relancer" avec un motif et une date de fin, que le flux vérifie avant chaque envoi. Les cas habituels : un litige ouvert sur la facture, un avoir en cours, un échéancier négocié, un grand compte qui impose son portail fournisseur, et le client dont le dirigeant a dit "celui-là, je m'en occupe".
Deuxième garde-fou : le regroupement. Un client avec trois factures en retard reçoit un seul mail qui liste les trois, pas trois mails le même matin. C'est la différence entre un rappel professionnel et du harcèlement.
Envoyer depuis la boîte de l'entreprise et garder la trace
Le mail part depuis une boîte partagée, compta ou facturation, avec l'action Outlook prévue pour ça. Les réponses arrivent au bon endroit, et l'envoi ne dépend pas de la boîte d'une personne en congé. Le numéro de facture figure dans l'objet, le lien de paiement ou les coordonnées bancaires dans le corps.
Chaque envoi est inscrit dans la liste : date, étape, destinataire. Le statut de la facture passe à "Relance 1 envoyée", puis "Relance 2", et ainsi de suite. Le lundi matin, le dirigeant reçoit un récapitulatif : encours en retard, cinq clients les plus exposés, factures arrivées à la dernière étape. Et une alerte immédiate quand un client dépasse un montant cumulé que vous fixez.
Les erreurs classiques et comment le flux les évite
- Relancer un client qui a payé. La plus coûteuse en image. Le flux vérifie la date de paiement juste avant l'envoi, et en cas de doute (import bancaire absent ce matin-là), il n'envoie rien et vous prévient.
- La pièce jointe manquante. Un rappel sans facture déclenche un "quelle facture ?" et fait perdre trois jours. Le flux vérifie que le PDF existe, sinon alerte et pas d'envoi.
- Le mauvais destinataire. La relance va au contact de facturation, pas au commercial qui a signé. C'est un champ dédié, à remplir à la création du client.
- Le mauvais jour. Un rappel reçu le samedi matin agace. Le flux décale au jour ouvré suivant.
Ce flux est un des cas où le gain se mesure vite : le délai moyen de paiement baisse, et vous ne passez plus vos vendredis à trier des échéances. C'est une des automatisations à mettre en place en premier. Si votre facturation vit dans un outil sans connecteur, un cadrage court permet de choisir entre export quotidien et liste partagée, puis la réalisation se fait au forfait, prix fixé au cadrage.
À retenir
- Le flux tourne chaque matin après l'import bancaire, jamais avant.
- Trois étapes au ton progressif, puis un humain prend le téléphone.
- Un champ "Ne pas relancer" avec motif et date de fin, vérifié avant chaque envoi.
- Envoi depuis la boîte de l'entreprise, numéro de facture en objet, PDF vérifié.